Bon, pour commencer, je tiens à présenter mes excuses pour l'interruption momentanée de mon blog (qui a quand même duré un bon bout de temps lol). En fait, j'ai eu quelques problèmes de paroles pour cette chanson, mais je dirais que c'est réglé à présent
^^.
Alors là, on arrive à un morceau qui me touche beaucoup personnellement, de part mes origines argentines.
Pour recituer le contexte, ça parle de tout ce que le peuple argentin a subi durant les dix dernières années, à cause d'un président qui, sous prétexte de moderniser l'économie en ouvrant les portes du pays aux USA et en introduisant une nouvelle monnaie plus forte a en fin de compte ruiné l'Argentine, et s'en est mis plein les poches.
Conséquences : explosion de la hausse des prix (+ 45% entre 1999 et 2001 !), et une misère, déjà très présente, devenue quotidienne. Ceci au sortir de + de 20 ans de dictature (et des milliers de disparus), vous comprendrez la colère des Argentins, que je partage totalement.
Donc j'espère que ces explications vous aideront à mieux comprendre toute la symbolique de ce texte.
Et comme le dit si bien Keny Arkana....
"La lucha sigue" : la lutte continue...
Si la vidéo marche plus : cliquez
ICIMoi c'est Victoria, née il y a quatorze printemps
Dans un village près de Salta, dans lequel je vivais avant
Cela fait maintenant plus de dix ans
Qu'avec papa et maman
Mes frères et mes soeurs
On a quitté nos champs
On est venu s'entasser dans une de ces cabanes, à l'entrée de la ville
C'est papa qui l'a construite, mais elle n'est pas finie
Je n'ai que des vagues souvenirs du village
Maman pleure quand elle m'en parle car elle n'aime pas la vie ici
Des étrangers ont brûlé nos maisons pour nous voler nos terres
Papa s'énerve moi je comprends pas, il parle d'agro-alimentaire
Il dit que les politiques sont des prédateurs qui sèment la peur
Et qu'ils ont un estomac à la place du coeur
Ici pas de travail, aucune prière ne s'exauce
Après les cours avec ma soeur on va vendre des bracelets, deux pesos
Et malgré tous ces efforts, demeurent ces jours sans repas
La nuit maman pleure, la nuit maman ne dort pas
{Refrain:}
No llores hija mia (ne pleure pas, ma fille)
Yo, no perdì las esperansas (moi, je n'ai pas perdu l'espoir)
De los bandidos dictadores (des bandits dictateurs)
Jamàs podràn destruir la lucha de los pueblos (jamais ils ne pourront détruire la lute des peuples)
que no pueden olvidar a sus desaparecidos (qui ne peuvent pas oublier leurs disparus)
Mon voisin m'a dit : Pendant la dictature, c'était plus dur
Alors j'vais pas me plaindre, même si ici y a pas de futur
Moi j'aime bien les études, on m'a dit : C'est bien mais inutile
Ici, beaucoup ont arrêté avant même de savoir écrire
Dans mon jardin secret, j'cultive le rêve d'être médecin
Soigner tous ces enfants malades, qui ne mangent pas à leur faim
J'comprends pas dans la ville j'vois bien tout ces petits faire la manche
Devant le mépris de ceux qu'on appelle les gens bien
J'm'interroge, ne voient-ils pas la misère ?
Il nous écrasent pour bénir l'homme venu de l'autre hémisphère
Papa dit qu'on est traités comme des chiens
Dieu merci, j'ai ma famille, plus loin y a des orphelins qui vivent dans les décharges.
Des fois je pleure en cachette,
Mais pas longtemps car j'pense à mes aînés qui ont connu le chant des mitraillettes.
Et puis grand-mère disait toujours : La vie, c'est l'espoir
Si t'en n'as plus, t'es comme mort, et vivre relève de l'exploit
{Refrain}
Papa est à bout, il a frôlé la folie
Quand un matin il a appris
Que la banque lui avait volé ses économies
Impuissant, tout le monde était affolé
Il n'était pas le seul, c'est la nation entière qui s'était fait voler
Depuis ce jour, avec beaucoup de gens de la ville
Ils bloquent les routes, pour bloquer l'économie du pays
C'est leur façon de se faire entendre
Mais moi, j'ai peur quand il s'en va, y en a qui reviennent pas, la police est violente
Ils les appellent Piqueteros
Et les journaux sont des menteurs
Ils disent que c'est des bandits, après il y a des gens qui ont peur
Papa dit : « Ils peuvent tuer des hommes, mais ils ne tueront pas la mémoire
Les mères des disparus chantent toujours contre l'oubli »
On vit le fruit d'une démocratie ratée
Dans un pays si riche, tant d'enfants n'ont dans le ventre qu'une tasse de Mate.
Parce qu'on est dirigé par la mafia du crime
Moi j'comprends pas et quand j'demande pourquoi
On m'répond toujours : « Parce qu'on est en Argentine »...
La pobreza no es deshonra. (La pauvreté n'est pas une honte)
Si se vive con dignidad, (si on peut vivre avec dignité)
En la lucha de los pueblos (dans la lutte des peuples),
En memoria de Marco, Guevara, Zapata, (en mémoire de Marco, Guevara, Zapata)
Juntos hasta la victoria...
Juntos hasta la victoria... (ensembles jusqu'à la victoire...)